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Taxer les robots pour financer la protection sociale

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Le candidat à la primaire PS Benoît Hamon propose de financer son revenu universel notamment par la taxation des robots. Mais l’idée, actuellement étudiée au Parlement européen, pose encore aujourd’hui plus de questions qu’elle n’en résout. Et si les robots finançaient la protection sociale? La proposition n’émane pas d’un scénario de film de science fiction mais du très sérieux Parlement européen. Sa commission juridique a adopté jeudi un rapport de l’eurodéputée Mady Delvaux évoquant la création d’une « taxe robot ». La mesure se veut une réponse à la révolution numérique. L’idée est de prélever des cotisations sur les robots qui tendent à remplacer les emplois peu qualifiés, afin d’assurer le financement de la protection sociale. Le rapport du Parlement propose ainsi d’obliger les entreprises à « notifier l’étendue et la part de la contribution de la robotique à leurs résultats financiers, à des fins de fiscalité et de calcul des cotisations sociales ». Avec l’idée sous-jacente de taxer les gains générés par ces machines. Candidat à la primaire à gauche, Benoît Hamon a repris cette idée à son compte afin de financer son « revenu universel ». « Il faut une fiscalité qui se fonde non pas sur le nombre de travailleurs qu’il y a dans notre entreprise, mais sur la richesse créée », théorisait l’ancien ministre de l’Education dès le mois d’octobre. A première vue, l’idée semble frappée au coin du bon sens. La révolution numérique transforme en profondeur l’économie mondiale. Selon l’OCDE, 9% des emplois présentent un risque élevé d’automatisation. Un constat partagé par le Conseil d’Orientation pour l’Emploi, qui évalue à 10% la part des emplois menacés par la robotisation. Le financement de la sécurité sociale étant assise sur les salaires, pourquoi ne pas taxer les machines qui remplacent les hommes en leur accordant un « salaire fictif »? Les économies salariales effectuées par les entreprises ne devraient-elles pas servir à financer la protection sociale? Si la mesure semble relever d’une certaine logique, elle est loin de faire l’unanimité. Et pour cause: sa raison d’être prête à discussion. Dans l’esprit de ses concepteurs, la « taxe robot » est un antidote à une économie engagée dans une course effrénée à supprimer des emplois humains. Mais ces bouleversements technologiques sont également créateurs d’emplois. Dans son étude, l’OCDE évoque des « estimations » indiquant que « chaque emploi créé par le secteur de la haute technologie entraîne la création d’environ cinq emplois complémentaires. » Cette révolution pourrait-elle être en réalité être bénéfique sur le front de l’emploi? Impossible de répondre à cette question, tant les études contradictoires se succèdent. Mais l’histoire peut fournir un élément de réflexion. « La robotisation n’est qu’un un prolongement de la mécanisation observée depuis la Révolution industrielle, indique à L’Express Xavier Timbeau, directeur du département Analyse et Prévision de l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques (OFCE). L’histoire de l’humanité a montré que la mécanisation démultiplie les possibilités d’emplois et non l’inverse. Une société rurale crée moins de travail qu’une société urbaine. » Une analyse partagée par l’économiste Michel Volle, qui fustige une idée « rétrograde et bêtement conservatrice ». « La France est aujourd’hui beaucoup moins automatisée que l’Allemagne, avec des robots plus vieux. L’Allemagne a pourtant moins de chômeurs que nous », glisse à L’Express ce spécialiste des systèmes d’information, co-président de l’institut de « l’iconomie ». Un avis partagé notamment au PS par Arnaud Montebourg.

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mars 13th, 2017 at 12:59

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Un bon film

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Comme dirait une certaine pub, c’est une vraie bonne nouvelle : maintenant, les policiers et gendarmes, dès lors qu’ils procèdent à des contrôles d’identité, doivent activer des caméras-piétons, dans 23 zones de l’Hexagone déterminées par le ministère de l’Intérieur. Ces zones comprennent des ZSP à Paris intra muros, en petite et grande couronne, de même que des départements comme les Alpes-Maritimes.
Ce n’est à ce jour qu’une expérience, qui est soit dit en passant examiné par le Conseil d’Etat. Mais c’est en soi un grand pas en avant. Ce procédé est systématisé depuis plusieurs années dans de nombreux pays, et a carrément prouvé son rôle. L’objectif de ces enregistrements est de calmer les esprits au moment d’une intervention : les représentants de l’ordre peuvent ainsi montrer qu’ils ont respecté les règles, et les citoyens peuvent avoir la preuve s’il se passe quelque chose. Le dispositif est donc en théorie utile à tous. Qui plus est, ces caméras permettent de ne pas devoir taper le détail de chaque intervention au clavier, ce qui devrait réduire drastiquement la part administrative. Si vous avez déjà vu un policier devant un ordinateur, vous voyez sans doute de quoi je parle !A l’issue de l’année, les forces de l’ordre offriront un rapport soupesant l’influence de cette procédure sur le déroulement des contrôles d’identité. Si ce système est généralisé, des scandales tels que celui du jeune Théo le mois dernier devraient donc ne plus être possibles. Voilà au moins une chose qu’on ne retirera pas à ce quinquennat. Cela dit, le dispositif d’enregistrement n’est pas automatique. Mais ce serait vraiment tendre le bâton pour se faire battre.

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mars 10th, 2017 at 8:10

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Réguler les algorithmes

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Quand l’actuelle secrétaire d’État en charge des bidules électroniques qui font pouic et touit, Axelle Lemaire, ne fait pas de rhétorique savante pour distinguer amalgame de discrimination, elle se penche onctueusement sur les petits bidules électroniques que sa charge lui impose pour en découvrir les tenants et les aboutissants et, immédiatement ensuite, proposer de les réguler. Que voulez-vous, c’est plus fort qu’elle et c’est plus fort que tous les politiciens, notamment socialoïdes : dès que ça bouge et que ça fait des choses, pouf, il faut absolument le réguler, puis le taxer, jusqu’à ce que mort s’en suive (après quoi, la compulsion de ces mêmes politiciens les oblige à subventionner ce qui vient de claboter). Et cette fois-ci, l’attention se porte sur les Zalgoritmz pardon « les Algorithmes ». Mot à la fois compliqué et porteur d’un sens quasi mystique dans l’esprit du péquin moyen, signifiant à moitié « truc machin de l’informatique » et à moitié « formule magique permettant d’obtenir un résultat ». Or, Axelle, qui a probablement elle aussi une idée fort confuse de ce que ces bestiaux-là peuvent être, a bien compris qu’il y avait urgence à légiférer : pensez-donc, depuis toutes ces années, « les Algorithmes » s’ébattent et se reproduisent un peu partout, en toute liberté, sans qu’il soit imposé le moindre puçage, la moindre vaccination ni le moindre contrôle. Il faut faire quelque chose, vite ! Cependant, avant d’aller plus loin, essayons d’y comprendre un peu quelque chose : pour faire simple, « les Algorithmes », ce sont donc ces procédés logiques, suites d’instructions permettant d’aboutir à un résultat concret pour, par exemple, déterminer la répartition des lycéens dans les facs après leur bac, les prises en charge et le prix d’une course Uber, les suggestions Facebook, Amazon ou Netflix, etc… Ceci décrit, le besoin d’une régulation saute au yeux : qui n’a pas été, au moins une fois, choqué par le fait qu’Amazon continue de recommander Christophe Maé dans la musique à acheter, causant d’irrémédiables troubles psychologiques dans toute une génération d’adulescents qu’on trouvera ensuite, pleurnichant sur le bord d’une plage, à se demander comment sauver les manchots de l’Arctique et les ours du Kenya ? Plus proche des gens normalement constitués, les algorithmes sont donc ces recettes de cuisine particulièrement complexes qui permettent à Google de trier les recherches et placer plutôt un site qu’un autre en haut de la page (et, par exemple complètement fortuit, plutôt un site anti-IVG que le site officiel du gouvernement, raaah, le méchant). Ce sont aussi ces algorithmes qui permettent aux utilisateurs de Facebook de ne voir majoritairement que les articles et réactions d’autres utilisateurs globalement d’accord avec eux (et qui favorisent donc la création de vilaines « bulles » numériques où chacun est protégé de la propagdes informations officielles vérifiées). Ce sont ces mêmes algorithmes qui autorisent bien plus souvent qu’à leur tour la diffusion d’affreuses rumeurs et autres intox, montrant l’une ou l’autre vérité alternative absolument pas sanctionnée par les pouvoirs en place, qui sèment le doute, la confusion et imposent finalement à tous d’utiliser son esprit critique que la diffusion des informations par les canaux officiels avait pourtant réussi à nettement amoindrir. Et là, vu comme ça, « régulons les algorithmes », l’interjection d’Axelle Lemaire (ou à peu près) ne ressemble plus tant à « Recompilons le kernel » ou « Regénérons les tables de hash » qui semblent si ésotériques : on comprend tout de suite pourquoi le gouvernement (et l’État plus généralement) ont subitement découvert le besoin pressant de bien contrôler tout ça !S’en suivent alors cinq recommandations qu’on pourra lire, éberlué, sur le rapport pondu pour l’occasion (page 6). Entre la création de cellule de contrôle, de plateforme collaborative et un programme de formation « à l’attention des agents opérant un service public utilisant un algorithme », auxquelles sont adjointes les recommandations de développer des réflexions et de la communication sur ces algorithmes, tout semble réuni pour le brouet habituel de fadaises consternantes qui n’aboutiront, Dieu merci, à rien du tout de concret et permettront à la France d’éviter une fois encore le ridicule le plus achevé. Malheureusement, Axelle Lemaire semble vouloir s’y vautrer : la première recommandation vise en effet à tenter de percer la façon dont Google, Facebook ou Amazon construisent leurs réponses, en créant une communauté de chercheurs et d’experts pour tester et deviner « les algorithmes ». C’est, bien évidemment, parfaitement grotesque. La réalité est, d’une part, que cette communauté existe déjà : tout ce que le monde comprend de commerçants, de publicitaires, d’ingénieurs et de « Géo Trouvetout » cherchent déjà, avidement, à percer la façon dont sont positionnés les choix de ces géants du Net, ne serait-ce que pour en tirer un profit évident. On peine à percevoir comment une fine équipe payée par l’État pourrait faire mieux (mais on voit bien combien elle va nous coûter pour des résultats anecdotiques voire comiques).

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février 22nd, 2017 at 1:19

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Total investit dans le gaz

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Le groupe français Total a annoncé mardi avoir déboursé 207 millions de dollars pour acquérir 23% de la société américaine Tellurian, afin de développer conjointement un projet gazier allant de la production à la livraison de gaz naturel liquéfié. « Cet investissement à un stade précoce dans Tellurian nous donnera l’opportunité de potentiellement renforcer notre portefeuille GNL (gaz naturel liquéfié) à moyen et long terme grâce à un projet qui bénéficiera d’un coût très compétitif », a souligné Philippe Sauquet, directeur général de la division gaz, énergies renouvelables et électricité de Total, cité dans un communiqué. Fondée cette année à Houston (Texas, sud des Etats-Unis), Tellurian s’est spécialisée dans des projets de liquéfaction et d’exportation de gaz naturel. La société a conclu un accord de fusion avec Magellan Petroleum en août, une opération qui devrait se finaliser au premier trimestre 2017. Le projet que Total souhaite développer avec Tellurian irait « de la production de gaz à prix compétitif aux États-Unis jusqu’à la livraison de marchés internationaux depuis le terminal de liquéfaction du Driftwood LNG », détaille le communiqué. La construction de ce terminal, situé en Louisiane (sud des Etats-Unis), devrait débuter en 2018 pour une entrée en production en 2022. Total, qui a produit 10,2 millions de tonnes de GNL en 2015, a pour objectif de doubler sa capacité de liquéfaction à horizon 2020 pour parvenir à environ 20 millions de tonnes par an.

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février 22nd, 2017 at 1:19

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Livop ou l’autpartage réussi

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Livop utilise un système technologique embarqué qui permet l’ouverture et la fermeture, le démarrage du moteur, la localisation des voitures et de leurs membres, ainsi que l’établissement du nombre de kilomètres parcourus et du temps d’utilisation du véhicule de manière automatique. Les personnes qui ont besoin d’une voiture pour quelques heures, une journée, ou un week-end s’inscrivent sur le site, reçoivent la carte Livop, qui leur permet l’accès aux voitures équipées dans toute la France, après réservation préalable sur l’interface web. Les smartphones équipés de la technologie RFID peuvent également servir pour déverrouiller la voiture, la démarrer, sans avoir besoin ni des clefs du propriétaire ni d’établir un contact physique avec lui. Tout se passe par internet et sms, et le règlement des locations passe par un service bancaire sécurisé. Livop prend 40% de commission à chaque réservation, et fixe lui-même le prix de location en ayant recours à une grille de tarifs en fonction du type de véhicule, de son année de première immatriculation, etc. De son côté, Koolicar propose également un système basé sur un boitier à placer dans la voiture des particuliers. La société Koolicar a établi un partenariat avec la MAIF, concernant l’assurance et l’assistance. L’entreprise a récemment levé 2,6 millions d’euros auprès du groupe d’assurance, afin d’accélérer son développement. Début mai 2015, Livop a été racheté par son concurrent Drivy57 qui a intégré l’ensemble de ses adhérents, de ses équipes et de ses véhicules mis en partage dans son offre. Par ce rachat, Drivy cherche à se doter de la technologie des boîtiers et à construire une meilleure interface entre les clients et les offreurs de véhicules. Concernant la location « sans boîtier », l’acteur le plus emblématique reste Drivy, anciennement Voiturelib’, principal acteur européen après le rachat en avril et mai 2015 de Livop, Buzzcar et Autonetzer en Allemagne. Pour le moment, le service fonctionne grâce à un site internet et à une application mobile permettant aux utilisateurs de publier leurs annonces, d’indiquer les disponibilités des véhicules ainsi que l’adresse où il se trouve. La mise en contact avec le propriétaire ainsi que la facturation passent par le site mais propriétaires et locataires doivent se rencontrer pour la remise des clés et l’état des lieux de la voiture. Ils effectuent les mêmes formalités au retour du véhicule. À terme, Drivy ambitionne d’intégrer les technologies sans contact pour permettre aux utilisateurs d’être moins contraints par les formalités et pense faciliter ainsi la location des véhicules58. D’ailleurs, depuis mai 2015, l’entreprise propose un « contrat de location sur mobile », c’est-à-dire, un contrat de location entièrement dématérialisé qui viendra remplacer le contrat papier aujourd’hui utilisé. Reste Ouicar (ex-zilok Auto) positionné sur le même créneau que Drivy et qui propose un service de simulation d’économie pour les offreurs, et Deways, site de location qui permet aux habitants d’un même quartier, d’une même ville ou encore à des collègues ou des amis, de se louer leurs véhicules. Au-delà de l’aspect marchand, Deways cherche à créer un esprit communautaire autour des locations en offrant la possibilité de discuter ou d’échanger des « bons plans » sur le site. A lire sur Les plus belles voitures.

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janvier 10th, 2017 at 1:26

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Le salaire de base

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Selon des données dévoilées par le ministère du Travail, l’indice du salaire mensuel de base (SMB) dans le secteur privé a augmenté de 0,5% au 1er trimestre, malgré une inflation nulle. Comme son nom l’indique, le SMB est un salaire brut, avant déduction des cotisations sociales et versement des prestations sociales. Il ne prend en compte ni les primes, ni les heures supplémentaires. Ainsi, sur un an, dans les entreprises de 10 salariés ou plus (hors agriculture et emplois publics), il a augmenté de 1,2%. L’indice du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE) a progressé, comme le SMB, de 0,5% sur trois mois, mais sa hausse est légèrement inférieure sur un an (+1,1%).En outre, la durée hebdomadaire collective moyenne du travail des salariés à temps complet est restée stable à 35,6 heures au 31 mars.

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novembre 29th, 2016 at 3:55

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Déco de Noël à Londres

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londres

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novembre 29th, 2016 at 3:54

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Voyage en philosophie américaine

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Nous voulons réfléchir sur la place d’une approche d’éthique appliquée dans l’enseignement de la philosophie éthique au collégial et sur ses résultats, disions-nous en introduction. Mais nous désirons le faire d’abord dans un contexte plus large : celui des finalités de l’éducation8. C’est-à-dire qu’il nous semble nécessaire de replacer toute entreprise d’enseignement ou toute réflexion sur l’enseignement dans une perspective philosophique fondatrice : que veut-on faire ou que fait-on vraiment quand on éduque? En somme, qu’est-ce qu’éduquer? Ensuite seulement, nous pourrons nous interroger sur la contribution de chacun des acteurs, sur les méthodes les plus susceptibles d’atteindre ces buts, sur la contribution particulière d’un cours de philosophie éthique ou d’une approche d’éthique appliquée. La discussion s’enracine ainsi dans une réflexion sur les buts de l’éducation. Et l’on découvre rapidement que dans la tradition française, peu importe les auteurs consultés, l’accord paraît unanime quant à l’énoncé suivant: ce que vise avant tout l’éducation, c’est de former ou, plutôt, de contribuer à la formation d’un être humain; non pas d’abord former un travailleur ou un citoyen, mais l’être humain lui-même, pour lui-même. La tâche principale de l’éducation «[…] est avant tout d’aider au développement dynamique par lequel l’homme se forme lui-même à être un homme […]», disait déjà Jacques Maritain. Olivier Reboul ne pense pas autrement quand il affirme que «l’éducation, dans tous les domaines, depuis la naissance jusqu’au dernier jour, c’est d’apprendre à être homme». Il en va de même pour Louis Brunet et Lucien Morin qui confirment que «voilà pourquoi le dictionnaire voit juste en définissant l’éducation comme l’activité de former quelqu’un, qui n’est qu’une autre manière de dire que la fin de l’éducation, c’est le développement et la formation d’un être humain». Selon eux, toute la pédagogie moderne est sans compromis là-dessus: «[…] l’éducation est une activité qui a pour fin d’aider quelqu’un à se développer et à se former». Le but fondamental et les buts secondaires de l’éducation Au moment où il est beaucoup question de formation à la citoyenneté et où même l’enseignement de l’éthique doit s’inscrire dans une optique de formation «propre au programme» d’études de l’élève, il vaut la peine de rappeler les distinctions faites par Maritain et Reboul qui nous aident à éclairer cette problématique. Pour le premier, l’éducation comporte des buts essentiels de deux ordres différents: le fondamental, celui qui demeure et ne change pas, et les secondaires, ceux qui varient et doivent être adaptés aux époques historiques. Aider quelqu’un à atteindre sa pleine formation d’homme constitue le seul but du premier genre, alors que «[…] transmettre l’héritage d’une culture d’une aire de civilisation donnée, préparer à la vie sociale et à un comportement de bon citoyen, procurer l’équipement mental exigé pour remplir une fonction particulière dans le tout social, pour s’acquitter des responsabilités familiales, pour gagner sa vie» appartiennent au second genre. Selon cet auteur, «l’essence de l’éducation ne consiste pas en effet à adapter un futur citoyen aux conditions et interactions de la vie sociale, mais d’abord à faire un homme, — et préparer par cela même un citoyen». Quant à Reboul, ne nous tientil pas un langage semblable lorsque placé devant le dilemme d’une éducation «pour la société ou pour l’enfant», il affirme qu’ il s’agit peut-être d’une fausse alternative, dont chaque terme ne vaut que par les défauts de l’autre. Car, entre l’individu et la (c’est-à-dire une) société, il existe un troisième terme, qui est l’humanité. Et l’éducation elle-même en témoigne. On n’éduque pas l’enfant pour qu’il le reste. Mais pas non plus pour en faire «un travailleur et un citoyen». On l’éduque pour en faire un homme, c’est-à-dire un être capable de communiquer et de communier avec les oeuvres et les personnes humaines […] Ainsi, il nous semble que la fin de l’éducation est de permettre à chacun d’accomplir sa nature au sein d’une culture qui soit vraiment humaine. Si cette fin paraît utopique, elle est la seule qui préserve l’éducation du laisser-faire comme de l’endoctrinement. À son avis, cette visée pèse si lourd qu’elle donne lieu au principal critère d’une éducation réussie: «[…] elle est réussie si elle est inachevée, si elle donne au sujet les moyens et le désir de la poursuivre, d’en faire une auto-éducation. Car on arrive peut-être un jour à être ingénieur, ou médecin, ou bon citoyen. On n’en finit jamais de devenir un homme». Source: voyage incentive USA

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septembre 30th, 2016 at 11:31

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Elu et politique

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Au sein du gouvernement, c’est Axelle Lemaire qui avait lancé la pique lors de l’arrivée à Bercy de son tout nouveau ministre de tutelle?: « il n’est pas élu ». C’était une façon de borner le territoire d’un “collègue” que l’on pressentait très envahissant. Depuis – c’était le 20?août 2014 –, Emmanuel Macron, parachuté quasiment en direct de l’Élysée aux commandes de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, l’intitulé de son portefeuille, a fait la démonstration que ce n’est pas un handicap. Il est même devenu, selon les sondages, le “ministre favori” des Français. Cette position a été acquise avant tout grâce à l’exercice d’un ministère de la parole “soigneusement libérée”. Son langage s’apparente à un consensus du bon sens sur les 35?heures ou sur la liberté d’entreprendre. “Vous êtes le seul intelligent de la bande”, était-il interpellé sur les Champs-Élysées par une salariée “qui a besoin de travailler” et à qui, il est vrai, la loi Macron I facilite la tâche. Alors qu’est-ce qui explique qu’un ministre ‘non-élu’ perce dans les sondages et acquiert une aura de compétence?? Le fait d’avoir, comme Emmanuel Macron, un itinéraire de technocrate, voire de banquier d’affaires, doublé d’un passage à l’Élysée?? Il n’est pas le premier dans ce cas. Non, la marque Macron vient de son sens de la provocation?: “je n’ai pas envie être député en 2017, c’est le cursus honorum d’un ancien temps”, a-t-il lâché. Autrement dit, le ministre de l’Économie semble opposer l’homme libre qui agit pour le bien commun à l’élu local prisonnier d’intérêts particuliers. “Le ministre de l’Économie semble opposer l’homme libre qui agit pour le bien commun à l’élu local prisonnier d’intérêts particuliers” Pour ce faire, il refuse a priori de régulariser sa situation par l’onction d’un suffrage universel synonyme d’attache partisane. Mais les faits sont têtus?: en démocratie, cette voie est sans issue. La légitimité de l’exécutif tient au préalable de l’élection. Ce qui n’interdit en rien de gouverner ensuite au nom de l’intérêt général?! Emmanuel Macron devra se plier à cette “formalité”, ou bien son avenir sera celui d’un Attali bis. En apparence, vu de Bercy, cette nécessité n’a pas lieu d’être. La Ve?République permet au président de la République de choisir pour ministres des non-élus. Ils sont réputés représenter la société civile. Michel Rocard, Premier ministre, avait obtenu de François Mitterrand la nomination d’un industriel comme ministre de l’Industrie. Valéry Giscard d’Estaing confia à Raymond Barre, dépourvu de tout mandat électoral, le ministère du Commerce extérieur. Plus récemment, Jacques Chirac désigna du jour au lendemain comme Premier ministre Dominique de Villepin, son propre secrétaire général à l’Élysée, qui n’avait jamais vu l’ombre d’un panneau électoral. “Avant, sous la IVe?République, la confusion des genres entre gouvernement et parlementaires était la règle. Le général de Gaulle y a mis un terme en décidant d’inscrire dans la Constitution de 1958 la stricte séparation entre les fonctions de parlementaires et de ministres” C’est la conception gaullienne des institutions qui a fait éclore un tel changement de perspective. Avant, sous la IVe?République, la confusion des genres entre gouvernement et parlementaires était la règle – sans exception. Le général de Gaulle y a mis un terme en décidant d’inscrire dans la Constitution de 1958 la stricte séparation entre les fonctions de parlementaires et de ministres. C’est une fenêtre d’opportunité dont bénéficie, un demi-siècle plus tard, Emmanuel Macron.

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juillet 19th, 2016 at 11:12

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Excès d’épargne

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La notion « d’excès d’épargne » contribue à expliquer les taux d’intérêt réels très faibles depuis la crise mondiale de 2007-2009. Mais l’idée de “stagnation séculaire” suggère que cette surabondance était présente auparavant. Pour comprendre ce qu’il en est, nous devons examiner le comportement des entreprises. Comment donc, les entreprises s’intègrent-elles dans une analyse de l’équilibre changeant entre les prévisions d’épargne et d’investissement?? Un début de réponse réside dans le fait que les entreprises génèrent une énorme proportion de l’investissement. Dans les six économies les plus grandes (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie), la part d’investissement des sociétés a représenté entre la moitié et plus des deux tiers de l’investissement brut en 2013 (la plus faible proportion étant en Italie et la plus importante au Japon). Parce que les sociétés génèrent une part importante des investissements, elles sont également les plus grandes utilisatrices de l’épargne disponible, et leurs propres bénéfices non distribués constituent aussi une énorme source d’épargne. Ainsi, dans ces pays, les bénéfices des entreprises ont généré entre 40?% (en France) et 100?% (au Japon) de l’épargne brute (dont l’épargne étrangère) disponible pour l’économie. “Parce que les sociétés génèrent une part importante des investissements, elles sont également les plus grandes utilisatrices de l’épargne disponible, et leurs propres bénéfices non distribués constituent aussi une énorme source d’épargne” Dans une économie dynamique, on pourrait penser que, dans leur ensemble, les sociétés utilisent l’excès d’épargne des autres secteurs, notamment celle des ménages, générant ainsi à la fois une demande soutenue et une offre croissante. Cependant, si l’investissement est faible et les bénéfices significatifs, les entreprises deviennent, bizarrement, un financeur net de l’économie. Le résultat serait un mélange de déficits budgétaires, de déficits des ménages et d’excédents du compte courant (c’est-à-dire donc un déficit du compte de capital). Au Japon, les énormes excédents des entreprises compensent les déficits budgétaires. En Allemagne, les excédents des entreprises et des ménages compensent le déficit du compte de capital. Depuis la crise, les secteurs privés des grandes économies enregistrent des excédents d’épargne sur l’investissement, à l’exception de la France. Les épargnes excédentaires des sociétés japonaises sont, étonnamment, proches de 8?% du produit intérieur brut. Les entreprises privées ont donc largement contribué à la surabondance d’épargne. Ce n’est pas seulement un phénomène post-crise. Même dans la période qui a précédé la crise, le secteur des entreprises a enregistré des excédents au Japon, au Royaume-Uni, en Allemagne (sauf en 2008) et aux États-Unis (sauf en?2007 et?2008). Un document de la Réserve fédérale américaine note que la “grande récession” a en partie entraîné ces excédents, mais il ajoute que, même dans les cinq années qui ont précédé la crise, les taux d’investissement des entreprises “étaient tombés en dessous des niveaux qui auraient été prévus par les modèles estimés les années précédentes”. La hausse de l’excédent d’épargne des entreprises comparé à leurs investissements provient de la conjonction de bénéfices significatifs et d’une diminution des investissements. Cette diminution des investissements est à la fois structurelle et conjoncturelle. En outre, la baisse est très répandue. Néanmoins, l’excès d’épargne des entreprises au Japon est unique dans sa dimension. Toute analyse des défis économiques japonais qui ne commence pas par prendre en compte ce fait est inutile.

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juillet 19th, 2016 at 11:12

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